Environnement : tout sur la Convention RAMSAR
- Francisco R.

- 25 févr. 2021
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Le premier appel à rédiger la Convention prend naissance en 1962 suite à la destruction de nombreux marécages et zones humides sur le territoire européen lors de la Conférence liée au projet MAR. Le 2 Février 1971, la Convention fut adoptée en tant que Convention relative aux zones humides d’importance internationale, particulièrement comme habitats des oiseaux d’eau. Plus tard, ce nom fut modifié pour inclure les zones humides dans leur globalité et on parle désormais de la « Convention sur les zones humides ».

Qu’est-ce qu’on entend par zones humides ?
Selon le texte de la Convention (Article 1.1), les zones humides sont des « étendues de marais, de fagnes, de tourbières ou d’eaux naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où l’eau est stagnante ou courante, douce, saumâtre ou salée, y compris des étendues d’eau marine dont la profondeur à marée basse n’excède pas six mètres ». Les zones humides intérieures regroupent les aquifères, les lacs, les cours d’eau, les marais les tourbières, les étangs, les plaines d’inondation ainsi que les marécages. En revanche, les zones humides côtières comprennent les littoraux, les estuaires, les lagunes et lagons, les herbiers marins et les récifs coralliens. Mais l’article 2.1 du traité inclue également les étendues d’eau entourées par la zone humide qui ont une profondeur pouvant excéder six mètres.
Même s’il est très difficile d’assigner une valeur monétaire aux biens et avantages apportés par les zones humides, la conservation de cette zone écosystémique est primordiale. Non seulement pour la diversité mais surtout pour l’espèce humaine. Couvrant jusqu’à 6 % de la totalité de la surface de la planète, les zones humides constituent une richesse naturelle très importante du point de vue écologique, botanique, zoologique, limnologique ou hydrologique.

Pourquoi donc les conserver ? Car la surexploitation de ces ressources met en péril l’avenir de toute la planète. Les zones humides nous alimentent en eau et nous approvisionnent également. De nombreuses activités telles que l’agriculture et la pêche sont étroitement liées à la protection de ces zones humides. Par ailleurs, elles ont autant de valeurs économiques qu’émotionnelles en tant que patrimoine culturel de l’humanité.
Missions de la Convention RAMSAR
La conservation et la protection des zones humides deviennent désormais une affaire d’ordre mondial. La méconnaissance de leurs importances a provoqué une perte considérable pour toute l’humanité. Le rythme de leurs disparitions ne cesse de s’accélérer et ce malgré tous les programmes de restaurations mis en œuvre. La Convention a donc pour mission de conserver et de procéder à une utilisation rationnelle des ressources naturelles par coopération internationale et contribuer ainsi à l’atteinte des objectifs de développement durable (ODD) dans le monde entier.
Conformément au texte de la Convention, les Parties contractantes ont pour mission de désigner les zones humides appropriées à leur territoire et s’engagent à fournir tous les efforts possibles pour la conservation de ces zones humides. Chaque Partie contractante devra prendre les dispositions nécessaires et compenser autant que possible toute perte de ressources en zones humides. Elles doivent veiller à leur gestion de manière effective. Par ailleurs, chacun devra coopérer pour les zones humides transfrontalières, les systèmes humides partagés ainsi que les espèces partagées qui réunissent certains territoires.
Même si le non-respect des engagements ne prévoit aucune sanction, c’est un traité solennel. Chaque Partie concernée devra prendre ses responsabilités afin de faire profiter à chacun un système d’équilibre et éviter de créer des complications au niveau international entravant la réussite de certaines opérations effectuées par d’autres Parties.
Comment fonctionne la Convention RAMSAR ?
Suite à la révision du système suivant la COP7 en 1999, les régions RAMSAR sont les suivantes : Afrique, Amérique du Nord (Canada, États-Unis d’Amérique et Mexique), Amérique latine et Caraïbes dans l’ancienne région tropicale, l’Asie, l’Europe et le continent Océanie. Les Parties contractantes et ses partenaires ainsi que les Organisations internationales partenaires s’associent pour faire cesser et prévenir la perte et la dégradation des zones humides. Selon les estimations récentes, 64% de la totalité des zones humides de la planète Terre auraient disparu depuis l’an 1900. La Convention RAMSAR a donc été conçue dans le but d’attirer les regards de toute la population planétaire sur la détérioration progressive mais significative de ces zones écosystémiques.

La sixième session de la COP à Brisbane a été retenue comme modèle de planification pour toutes les autres conventions. Tous les trois ans, les représentants des Parties contractantes se réunissent en sessions de la Conférence des Parties contractantes ou COP afin de discuter et de promouvoir la mise en application de ladite Convention.
Ces sessions ordinaires sont organisées par le Bureau permanent, fonction assurée par l’Union internationale pour la conservation de la nature et de ses ressources. Les membres du Comité permanent sont élus lors des sessions pour un mandat de trois ans. Le Secrétariat quant à lui, est chargé de coordonner les activités quotidiennes de la Convention. Un groupe d’évaluation scientifique et technique a également été créé en 1993 pour donner leur point de vue scientifique face aux faits évoqués durant les conférences des Parties contractantes.




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